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TOUR DE FRANCE

21e étape

Dimanche 27 juillet 2008
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SASTRE, LES CHAMPS DU CYGNE
Par Anthony Thomas, à Paris

L'Espagnol Carlos Sastre (CSC) a officiellement gagné la 95e édition du Tour de France dimanche à l'issue de la dernière étape remportée au sprint par le Belge Gert Steegmans (Quick Step). L'Australien Cadel Evans (Silence-Lotto) et l'Autrichien Bernhard Kohl (Gerolsteiner) complètent le podium d'une course longtemps incertaine.
Le vainqueur du Tour Carlos Sastre et son directeur sportif Bjarne Riis se congratulent. (Reuters)
 
Le vainqueur du Tour Carlos Sastre et son directeur sportif Bjarne Riis se congratulent. (Reuters)

En couronnant Carlos Sastre, un coureur aussi humble sur le vélo que discret dans le civil, la 95e édition Tour de France s'est achevé dimanche avec un vainqueur qui lui sied. Fatigués des affaires de dopage, des tricheurs et des exploits surhumains, le public et les suiveurs ont accueilli avec un certain soulagement, mais sans enthousiasme le succès de l'Espagnol de 33 ans. Sur ce Tour, le Maillot Jaune a compté ses mots comme ses attaques, se dévoilant avec parcimonie dans la troisième semaine. Une première accélération vers Prato Nevoso puis une franche estocade dans l'Alpe d'Huez lui ont offert le plus beau succès de sa longue carrière. Mais aucune raison de fanfaronner. Sous cette lumière, Sastre est bien l'antithèse de la comète Riccardo Ricco, coureur provocateur et attaquant impatient. Contrôlé positif, le Cobra est surtout le symbole de ce chapitre que le Tour veut oublier. De toute évidence, ce sera difficile comme en témoigne le contrôle positif de Dmitry Fofonov (Crédit Agricole), révélé dimanche soir.

Le sprint massif pour Steegmans

Comme pour se rassurer, le peloton a renoué avec ses classiques dans cette 21e étape pour rejoindre la ligne d'arrivée finale : deux premières heures de défilé, des attaques un peu insensées dans les neuf passages sur les Champs-Elysées et un sprint massif pour conclure dominé par Gert Steegmans (Quick Step), assez discret depuis Brest. Le Belge s'est imposé à la manière de son coéquipier Tom Boonen (indésirable sur le Tour) : tout en
puissance dans les 300 derniers mètres après avoir été lancé par son coéquipier. Déjà vainqueur en 2007 à Gand, il a résisté à Gerald Ciolek, l'autre sprinteur de Columbia, et à Oscar Freire, qui est officiellement devenu le premier Maillot Vert de l'histoire du Tour. Surtout, Steegmans, offre enfin un succès à une formation qui faisait partie des onze équipes non encore récompensées. Les autres, celles qui repartiront bredouille, avaient misé sur des attaques un peu vaines pour sortir de l'ombre dans la Ville-Lumière : pour Bouygues Telecom, Xavier Florencio puis Jérôme Pineau ont notamment accéléré à la vue de l'Arc de Triomphe, tout comme Arnaud Gérard ou Philippe Gilbert pour La Française des Jeux. Les plus tranchants, Nicolas Vogondy (Agritubel) et Carlos Barredo (Quick Step) n'ont pris que 20 secondes maximum à un peloton vigilant qui a franchi groupé la ligne d'arrivée. L'esprit de corps.

Troisième victoire espagnole d'affilée
S'il affiche un vainqueur espagnol pour la troisième fois d'affilée, après Oscar Pereiro et Alberto Contador, le podium monté sur les Champs-Elysées dimanche est bien la vitrine d'un Tour de transition. A 33 ans, Carlos Sastre a réalisé son « rêve d'enfant et d'adulte » mais, en quatrième vainqueur le plus vieux de l'après-guerre, il aura du mal à rééditer l'expérience. La présence à ses côtés de Cadel Evans (0'58'') et du Maillot à pois Bernhard Kohl (à 1'13''), pour le deuxième podium le plus serré de l'histoire, reflète le caractère ouvert de la course où des outsiders tels Christian Vandevelde ou Kohl ont pu croire au podium pendant trois semaines. Sans héros, le Tour s'est également retrouvé sans patron. Pour trouver la relève, il faudra aussi bien regarder du côté du classement du meilleur jeune, avec un Andy Schleck aux ressources encore insoupçonnées, que vers les absents. A 25 ans, le tenant du titre Alberto Contador sort peut-être conforté de ce Tour.

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