L'ART DE PRÉPARER L'AVENIR

LA L2 FORME (UN PEU) LA JEUNESSE
Le rapport Besson a réveillé le vieux débat sur l'utilité de la L2. Telle qu'elle est décrite par le secrétaire d'Etat, l'antichambre de l'élite est un sous-championnat aux salaires artificiellement gonflés par une répartition des droits TV ultra-avantageuse, plus adapté aux reconversions en douceur d'ex-cadres de la L1 qu'à la nécessaire promotion des talents issus des centres de formation. Il est exact que la France manque d'un cadre de compétition qui permettrait aux joueurs de 17, 18, 19, 20 ans de se bonifier parmi les pros. Elle a fait le choix de ne pas brûler ses jeunes en les injectant directement dans la grande compétition (comme aux Pays-Bas et Amérique du Sud), et les coaches n'ont plus les moyens juridiques d'utiliser la Coupe de la Ligue comme un tremplin (à l'image du travail d'Arsène Wenger à Arsenal). Cela dit, si on se met un peu à la place d'Erick Mombaerts, le sélectionneur de l'équipe de France Espoirs, il faut nuancer ce constat. Si on prend, parmi les vingt joueurs nés en 1988 ou après (les joueurs concernés par sa sélection, donc), ceux qui ont reçu le plus de temps de jeu depuis le début de la saison dans un Championnat pro en France, dix-sept sont issus de la L2 et trois de la L1. Sur les cinquante les plus utilisés, les deux tiers viennent de l'ex-D2. Des noms ? Nicolas Diguiny (Vannes), Garry Bocaly (Montpellier), Steven N'Zonzi (Amiens), Sébastien Ribas (Dijon), Wilfired Moimbe (Reims), Kévin Monnet-Paquet (Lens) ou Bakary Sakho (Châteauroux) sont des jeunes gens qui pourraient parler de la vocation post-formatrice de la L2. Les noms des autres sont disponibles sur demande.
LA FINANCE MONDIALE A BESOIN DE LA VIDÉO
C'est tombé sur les fils de toutes les agences du monde : «Le crack financier pousse Roman (Abramovitch) à mettre le frein. Il nous a demandé de couper profondément dans les dépenses.» Signé Franck Arnesen, directeur général de Chelsea. La crise financière a eu raison de la première fortune de Russie, seizième du monde selon Forbes. La folie financière est passée par là . C'est marrant, mais on n'entend plus aucun dirigeant pleurer sur la terrible incertitude du sport. Ils nous expliquaient pourtant, jusqu'à il y a peu, que sans arbitrage vidéo, sans ligue fermée, sans participation automatique à telle ou telle compétition, il n'était pas possible d'attirer les investisseurs dans le football. Trop imprévisible, le foot. Trop irrationnels, les résultats sportifs. Impossible de respecter des business-plan. Impossible de miser sur des retours sur investissements sécurisés à court terme. C'était avant le crash économique majuscule qui a déchiré cette fin d'année 2008. Et qui a montré combien l'univers de tous ces grands économistes était rationnel, prévisible, et rassurant, lui.
BOUMSONG, A LA FOLIE
Voilà une semaine qui aura apporté la confirmation définitive que les choix de Raymond Domenech échappent à toute rationalité quand il s'agit de Jean-Alain Boumsong. Rappel des épisodes précédents. En octobre, le sélectionneur n'avait pas retenu ''Boum'' dans sa liste initiale pour la Roumanie, avant de le rappeler en milieu de semaine et de le titulariser pour ce match crucial malgré son temps de jeu famélique à Lyon. Novembre venu, Boumsong joue en club, toutes les semaines, mais Domenech le laisse à la maison. Quatre jours plus tard, le sélectionneur perd un latéral droit, un milieu défensif et un défenseur central gaucher. Qui rappelle-t-il ? Boumsong. «Il remplace trois joueurs» a lâché Domenech de façon improbable dans sa chronique sur la FFF ! Ça ne date pas d'aujourd'hui. Il faut se souvenir qu'en 2005-2006, l'intéressé avait été titulaire en défense centrale pendant l'essentiel des qualifications pour la Coupe du monde 2006 pendant que Gallas jouait latéral gauche. En 2002, avant l'Euro Espoirs, on avait demandé à Domenech qui était le joueur clef de sa génération. Réponse : Boumsong. Il était alors le quatrième défenseur central du groupe. Le début d'une longue incompréhension.
VALENCIENNES, HISTOIRE ORDINAIRE
Valenciennes est monté en L1 en 2006. Valenciennes a connu deux exercices plutôt réussis, rafraîchissants. Valenciennes a pris goût à la L1 et rénové ses infrastructures - c'était globalement nécessaire - au point de se payer un stade entièrement neuf, actuellement en chantier. Mais Valenciennes, aujourd'hui, est dernier de la L1, et donne l'impression d'avoir le maintien le plus difficile à assurer parmi les vingt équipes de l'élite. Même si VA a encore vingt-quatre journées pour combattre la fatalité, son histoire est un grand classique de la L1. La L2 fourmille d'équipes qui ont cru pouvoir s'installer dans l'élite, atteint ou frôlé l'Europe, croisé le fer en tête du classement, avant une inéluctable descente. Sedan : L1 de 1999 à 2003, chute en 2003 et rechute en 2007. Troyes : L1 de 1999 à 2003 puis de 2005 à 2007, deux rechutes. Bastia, Metz, Guingamp, Ajaccio, Montpellier, même Nîmes et Angers dans les années 90 témoignent de la quasi impossibilité de s'installer dans l'élite pour des clubs issus de villes moyennes à l'heure du foot-business. Il y a deux contre-exemples. L'un est historique : Auxerre, et d'ailleurs son modèle s'essouffle. L'autre est moderne : Le Mans. Il résulte d'un savoir-faire en matière de recrutement aussi exceptionnel que celui d'Auxerre en matière de formation, dans les années 80 et 90. Bref, pas de fatalité, mais la tâche de Valenciennes, cette saison, est considérable.



















