« SCHUMI » ET LE RESTE DU MONDE
Par Xavier COLOMBANI

Des essais non transformés
On allait voir ce qu'on allait voir. La séance de qualifications avait donné ses oracles et elle offrait le visage d'un certain renouvellement. Juan Pablo Montoya signait ainsi son retour aux avant-postes avec une place en première ligne pour la première fois depuis le GP d'Espagne, début mai. Les McLaren-Mercedes confirmaient, elles, leur embellie en squattant la deuxième ligne, devant les Renault, grandes animatrices du début de saison. Quant au nouveau petit prodige, Jenson Button, il se retrouvait quasiment hors-jeu en raison d'une pénalité le rejetant en 13e position sur la grille. Seul îlot de constance au milieu d'une mer enfin déchaînée, Michael Schumacher trônait en tête. Mais jusqu'à quand ?
Pour savoir si un crime de lèse-majesté se tramait, il fallait donc attendre de découvrir où se situaient réellement Montoya et Räikkönen dans la hiérarchie actuelle. Leur progression récente pouvait-elle inquiéter le sextuple champion du monde ? En fait, on a très vite su, trop vite compris que ce Grand Prix ne dépareillerait pas dans ce qui est depuis longtemps la saison du triomphe pour l'Allemand. Dès le départ, Juan Pablo Montoya retrouvait ses mauvais réflexes d'une année ratée et perdait cinq places. Jamais plus il ne luttera pour la victoire, malgré un allant offensif réjouissant et quelques beaux dépassements. Quant à Kimi Räikkönen, il a également souffert d'un mal récurrent : la fragilité de sa McLaren-Mercedes, dont la perte de l'aileron arrière en pleine ligne droite aurait pu avoir des conséquences funestes si ce circuit ne transpirait pas la sécurité, rien que la sécurité.
Résultat, une fois Michael Schumacher lancé seul en tête, il n'a même pas été dérangé pas son propre équipier, Rubens Barrichello, victime d'un accrochage dans le premier tour et éternellement retardé. On a donc retrouvé les habituels Fernando Alonso et Jenson Button en lutte pour les places sur le podium, le Britannique ayant vite fait de remonter de sa place maudite sur la grille. Si Montoya et Raïkkönen ne pouvaient gêner Michael Schumacher, au moins que ses dauphins se harcèlent entre eux... Ce fut le cas et ce fut sublime, une passe d'armes digne des plus grands moments de la discipline. Alors pendant que « Schumi » et « Ferrari (étaient) en train d'écrire une page d'histoire de l'automobile », dixit Jean Todt, on s'est pris à rêver d'un monde sans l'Allemand. C'est injuste. On ne peut pas lui reprocher de ne pas pouvoir compter sur ses concurrents...














 L'analyse de P.Tambay




