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Championnat du monde de F1

Grand Prix d'Allemagne

Saison 2005 - 12e GP
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ALONSO PEUT PENSER AU TITRE
Par Xavier COLOMBANI

Fernando Alonso (Renault) a effectué un pas gigantesque vers son premier titre de champion du monde en obtenant sa sixième victoire de la saison, dimanche à Hockenheim. Il a été aidé par l'abandon de Kimi Räikkönen (McLaren-Mercedes), alors confortable leader. A sept courses de la fin, l'Espagnol compte désormais 36 points d'avance sur le Finlandais, toujours deuxième du championnat du monde. Juan Pablo Montoya (McLaren-Mercedes) prend une belle deuxième place, Jenson Button (BAR-Honda) la troisième.
 
Le coup de grâce porté par Alonso ? (Reuters)

Si Montoya n'était pas parti avant-dernier...

Kimi Räikkönen aurait beau apprécier la fascinante diversité berlinoise ou l'élégante sobriété de la Forêt Noire, on l'imagine mal pour autant passer ses vacances en Allemagne dans les années qui viennent. Le circuit d'Hockenheim ne lui avait jamais réussi, voilà qu'il vient tout simplement de l'expulser de la course au titre. Ou quasiment. Depuis sa première participation en 2001, le Finlandais n'a jamais vu le bout de cette épreuve. Mais cette saison, l'abandon lui était formellement interdit pour au moins trois raisons : pour ne pas laisser Fernando Alonso s'échapper en tête du championnat, lui qui comptait déjà 26 points d'avance ; pour confirmer ensuite la bonne tenue des McLaren-Mercedes actuellement et toucher le moral de Renault ; pour prendre de l'élan enfin avant un Grand Prix de Hongrie qui devrait être plus favorable, la semaine prochaine, aux voitures françaises.

Alors certes, Kimi Räikkönen ne semble pas responsable de son abandon au 35e tour, un arrêt dû probablement à un problème de boite de vitesses. Mais cela ne peut que renforcer sa frustration, puisque «Räiko» vivait un week-end parfait jusque là avec la pole position, le meilleur départ et une avance suffisamment confortable pour rester en tête dès son premier ravitaillement au 25e tour. Cet abandon a fait d'autant plus les affaires d'Alonso que le deuxième pilote le plus rapide en piste, Juan Pablo Montoya, l'autre lame de McLaren-Mercedes, était parti de la dernière ligne après être sorti de la piste lors des qualifications. Ce qui ne l'a pas empêché de teminer à la deuxième place grâce à une stratégie décalée payante et un talent qui, on l'oublie souvent, devrait lui permettre lui aussi de se battre pour le titre.

Grâce à ce succès, Fernando Alonso jouit d'une avance au classement des pilotes qui lui offre au minimum deux ou trois jokers sur ses poursuivants immédiats, Kimi Räikkönen (36 points de retard) et Michael Schumacher (40). Le septuple champion du monde aurait pu revenir au niveau du Finlandais - grâce aux huits points de la deuxième place - si sa Ferrari n'avait pas été aussi peu performante. Jenson Button, puis Giancarlo Fisichella, se sont ainsi offert le plaisir de doubler l'ancien «imperator» dans l'épingle. Une douce vengeance après tant d'années d'impuissance. La mauvaise passe de la Scuderia a été confirmée par la triste dixième place de Rubens Barrichello, doublé de son côté, comme un débutant, par la Red Bull-Cosworth de Christian Klien ! La quatrième place arrachée aux forceps par «Fisico» permet, entre autres, à Renault de faire grimper son avance au classement des constructeurs à 22 points. Un sale week-end pour McLaren. Sur les terres de Mercedes en plus.

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