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LA CHRONIQUE DE SEBASTIEN BOURDAIS

Au coeur de la F1

Bilan du GP de Grande-Bretagne (06/07/2008)
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«J'EN BAVE !»

Cette saison, Sébastien Bourdais vous fait vivre la F1 de l'intérieur en exclusivité sur L'Equipe.fr et L'Equipe TV. Il revient dans cette chronique sur le Grand Prix de Grande-Bretagne et ses difficultés actuelles. «Depuis que nous avons introduit le nouveau package aérodynamique, je galère», avoue-t-il sans embages.
Sébastien Bourdais a fait ce qu'il a pu sous la pluie britannique. (L'Equipe)
 
Sébastien Bourdais a fait ce qu'il a pu sous la pluie britannique. (L'Equipe)

«Le vent va bien finir par tourner»

«Treizième en qualification, onzième à l'arrivée : sur le plan du résultat, j'ai passé mon meilleur week-end depuis le Grand Prix d'Australie. C'est pas mal, mais je ne m'en satisfais pas car avec la pluie, qui transforme souvent les courses en loterie, j'aurais pu avoir un bon coup à jouer. Malheureusement, ça a été très compliqué dès le départ à cause d'un souci avec ma visière. L'eau ne s'évacuait pas et je ne voyais rien, c'est la première fois que ça m'arrive. Pour ne rien arranger, j'avais demandé un ajustement au niveau des réglages avant la course qui s'est avéré être une erreur. Du coup, la voiture sous-virait beaucoup, ce qui a vite détruit mes pneus intermédiaires. Comme j'étais parti sur une stratégie à un seul arrêt, mon premier relais était long et mes pneus n'ont pas tenu la distance. Si bien que quand il s'est mis à pleuvoir, les rainures avaient presque disparu. Un peu comme si je me retrouvais en slicks sous le déluge ! Je perdais dix à quinze secondes au tour, c'était l'enfer ! Lorsque j'ai pu chausser les ''pluie extrême'', ça allait beaucoup mieux mais j'avais perdu trop de temps en début de course pour espérer un meilleur résultat. En plus, j'ai fait un gros tête-à-queue. A ma décharge, je n'ai pas été le seul à me faire piéger dans ces conditions difficiles. Il y a notamment eu Sutil, qui est parti en glisse juste devant moi et m'a frôlé. Mais c'était plus impressionnant à la télévision que vu de l'intérieur.

Voilà, je quitte donc Silverstone assez déçu de n'avoir pas pu profiter de cette opportunité, mais surtout de n'avoir toujours pas trouvé de solution pour que la voiture convienne mieux à mon style de pilotage. Depuis que nous avons introduit le nouveau package aérodynamique, je galère. La voiture est très bonne, il suffit de regarder ce que les pilotes Red Bull ou mon équipier Sebastian Vettel font avec. Mais l'équilibre actuel ne me convient pas. Elle sous-vire dans les rapides et survire dans le serré, tout ce qui me perturbe, et du coup je suis souvent sur la défensive alors que Seb Vettel s'en accommode bien. Il n'y a malheureusement pas grand-chose à faire pour moi car cela vient de l'aéro, qu'on ne peut pas changer. Alors j'essaie de faire des compromis dans les réglages mais ce n'est jamais satisfaisant de faire des compromis car du coup tu perds du temps partout.

Les courses ne se passent pas très bien pour moi depuis Barcelone. Les choses ont pris une mauvaise tournure mais le vent va bien finir par tourner. C'est frustrant, bien sûr, mais qui a dit que le métier de pilote n'était pas frustrant ? Le plaisir est là, car j'aime ce que je fais et que je suis ravi d'être en F1, chez Toro Rosso. Mais comme dans tout autre métier lorsqu'on ne trouve pas de solution à un problème, c'est difficile. Mais cela ne sert à rien de s'apitoyer sur son sort. Tout le monde se fout des excuses en F1, même si elles sont valables. Les gens ne regardent que les résultats. Alors il ne faut pas baisser les bras, il y a bien un moment où le vent va tourner. Le rythme est là, il est même plutôt bon lorsque tout va bien. Samedi, par exemple, j'ai fait le sixième temps en Q1 en lâchant volontairement deux dixièmes dans le dernier secteur car je savais que mon début de tour suffirait pour passer en Q2 ! Mais le timing n'est pas favorable. Heureusement, l'équipe le sait et me soutient et me réconforte car elle sait que je fais de mon mieux. J'en bave mais je vais continuer encore un peu à chercher une solution. Puis si on ne trouve pas, je ferai en sorte de composer avec ce que j'ai et en tirer les meilleures performances possibles car il y a une chose que je voudrais absolument éviter : avoir la sensation, en fin de saison, d'être passé à côté de quelque chose. Alors dès le prochain Grand Prix, en Allemagne, j'espère que la roue va tourner en ma faveur. A dans quinze jours !»

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