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RENNES : LA DECENNIE PINAULT (1998-2008)

 

 
Dix ans qu'il a pris le contrôle du Stade Rennais et aucun titre à l'horizon... François Pinault, l'actionnaire discret mais omnipotent, a usé quatre présidents et six entraîneurs. Si les Rouge et Noir se sont installés durablement en Ligue 1, ils courent toujours après leur premier accessit sportif. Retour sur la décennie Pinault. (Par Bertrand PERTUIS)
1998. Déjà sponsor du Stade ren..
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1998. Déjà sponsor du Stade rennais depuis plusieurs années, François Pinault le rachète en totalité en mai 1998. Il fixe des objectifs élevés : installer durablement le club en Ligue 1, le doter d'une assise financière et économique importante, en faire le club phare en Bretagne et surtout décrocher le titre de champion de France dans dix ans. A la tête d'une fortune estimée à 5,4 milliards d'euros, l'homme est passionné et ambitieux. (Photo L'Equipe)
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1998-2001. Pierre Blayau à la p..
1998-2001. L'exercice 2000-2001..
1998-2001. Durant cette période..
1998-2001. Blayau, sur la photo..
1998-2001. Autre Flop : celui d..
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2002-2006. Autre réussite de la..
2002-2006. Sur le terrain, les ..
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2006-2007. Pour faire face au d..
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Depuis 2007... Le retour de Vah..
2008. Dix ans après sa prise de..
201998. Déjà sponsor du Stade rennais depuis plusieurs années, François Pinault le rachète en totalité en mai 1998. Il fixe des objectifs élevés : installer durablement le club en Ligue 1, le doter d'une assise financière et économique importante, en faire le club phare en Bretagne et surtout décrocher le titre de champion de France dans dix ans. A la tête d'une fortune estimée à 5,4 milliards d'euros, l'homme est passionné et ambitieux. (Photo L'Equipe)
201998-2001. Pierre Blayau à la présidence et Paul Le Guen sur le banc composent le premier duo de l'ère Pinault. Si la première saison est plutôt réussie avec une belle cinquième place, l'exercice suivant, qui devait être celui de la confirmation, tourne à la course au maintien... Malgré une équipe séduisante avec Nonda, Réveillère, Sommeil, Grégoire, les Rouge et Noir finissent treizièmes. Un pas en avant et un autre en arrière. Le club se sauve lors de la dernière journée face à Metz. (Photo L'Equipe)
201998-2001. L'exercice 2000-2001 débute mal avec une modeste douzième place à la fin des matches aller. Au coeur de l'hiver, Le Guen est fragilisé et une révolution de palais s'annonce... Une victoire au Parc contre le PSG (1-0) le sauve. Mais la seconde partie de championnat est meilleure et les Rennais, au prix d'un rétablissement spectaculaire, finissent sixièmes et décrochent une seconde qualification consécutive pour la Coupe Intertoto. Le bilan n'est cependant pas suffisant pour François Pinault. En décalage avec les décideurs, Le Guen cède donc son fauteuil à Christian Gourcuff. (Photo L'Equipe)
201998-2001. Durant cette période, Severino Lucas symbolise les années de fric, le recrutement tapageur et inutile. Présenté comme le futur Ronaldo, le Brésilien, acheté une fortune, 140 millions de francs (21 millions d'euros), débarque en Bretagne en septembre 2000. Malgré une bonne volonté, il n'arrivera jamais à trouver sa place. Il reste deux ans et demi avec un bilan plus que médiocre : six buts au compteur ! Prêté au Brésil, Lucas revient à Rennes en 2003, toujours avec l'intention de s'imposer. Mais l'échec est encore au rendez-vous. Il n'inscrit pas le moindre but. Lucas est définitivement transféré au Japon, le FC Tokyo. (Photo L'Equipe)
201998-2001. Blayau, sur la photo avec Français Pinault en 2001, le reconnaît volontiers : «Les années que j'ai passées à Rennes n'ont pas été vraiment un succès (5e, 6e, 13e). Je n'ai pas été un bon président», admet t-il. Celui qui dirigera plus tard le Paris-SG admettra plus tard que «président est un métier à plein temps». (Photo L'Equipe)
201998-2001. Autre Flop : celui de Mario Hector Turdo. Arrivée au Stade Rennais à l'été 2000 pour 80 millions de francs (12 millions d'euros), l'Argentin, retardé il est vrai par de nombreux pépins physiques, ne parviendra jamais à s'imposer. Prêté en Espagne plusieurs fois, le club breton finira par résilier son contrat en 2004. (Photo L'Equipe)
201998-2001. A l'inverse, Shabani Nonda est sans doute l'une des plus belles réussites du Stade Rennais en matière de recrutement. Arrivé sur la pointe des pieds en 1998 en provenance du FC Zurich, le Congolais reste deux saisons et marque 31 buts. Acheté 23 millions de francs (3,5 millions d'euros), il est revendu en 2000 pour 130 millions de francs (19,5 millions d'euros) à Monaco, soit 465% de plus-value ! Il reste à ce jour le meilleur retour sur investissement de ces dix années. (Photo L'Equipe)
202001-2002. Changement de cap. C'est désormais un nouveau tandem qui est aux commandes : Christian Gourcuff et René Ruello. Les années fastes sont finies, l'heure est à la stabilité : «On ne fait plus de gros investissement, affirme Ruello, nous allons enraciner Rennes dans la formation». Mais les résultats sont loin d'être au rendez-vous. L'arrivée de ce duo provoque le décrochage du club. Douzième puis quinzième... Les Rouge et Noir évoluent dans la deuxième partie de tableau. Malgré Pinault, ça ne décolle pas. (Photo L'Equipe)
202001-2002. Le discours de Gourcuff passe mal. Certains joueurs ne sont pas taillés pour coller au dynamisme et aux vertus collectives prônées par le technicien breton, stupéfait par tant de passivité. Gourvennec, Vander, Cesar et bientôt l'ensemble de l'effectif n'adhèrent pas à la méthode Gourcuff. Les journées défilent et Rennes reste au fond de la classe. L'équipe souffre d'un manque chronique de finition et les Lucas, Fabiano, Turdo se révèlent incapable de remplacer Nonda. (Photo L'Equipe)
202001-2002. Six ans après, interrogé par France Football, Gourcuff revient sur période rennaise avec beaucoup d'amertume et n'hésite pas à critiquer le système Pinault. «Mon erreur a été de ne pas avoir fait un état des lieux du club à mon arrivée. Monsieur Pinault a été victime de parasitages. Ce n'est pas forcément des gens du club mais aussi des gens de la finance, des agents.» Et de conclure : «Monsieur Pinault n'est pas un président mais un actionnaire, ce qui crée toujours des ambiguïtés, avec notamment des présidents par procuration. Nous avons eu de bonnes relations, qui ont été parasitées par son entourage.» (Photo L'Equipe)
202002-2006. A travers ces résultats, l'image du milliardaire breton est écornée. «François Pinault se retrouvait avec un boulet qui le plombait en terme d'image», souligne Emmanuel Cueff, le futur président. Pinault décide donc de faire le grand ménage. Exit Gourcuff. Pierre Dréossi devient le nouvel homme fort. Il chapeaute le centre de formation, la cellule de recrutement et l'équipe première est confiée à Philippe Bergeroo. Surtout, Cueff prend la présidence du club. (Photo L'Equipe)
202002-2006. Pendant trois ans, Cueff se transforme en banquier et se débarrasse des erreurs de recrutement qui auront coûté la bagatelle de 30 millions d'euros : Turdo, Lucas, Fabiano, Ivanov, Fleurquin sont priés d'aller voir ailleurs. Il mène à bien des missions que lui a confiées l'actionnaire. Le club se voit ainsi pourvu d'un centre de formation exemplaire et dispose d'installations d'entraînements modèles. Le ticket Dréossi-Cueff fonctionne bien et aux erreurs de castings se succèdent les bonnes pioches du Stade Rennais. Ainsi Alexander Frei (2003-2006), Kim Källström (2003-2006), Petr Cech (2002-2004) font les beaux jours du club breton. (Photo L'Equipe)
202002-2006. Les deux belles pioches du Stade Rennais : le Suisse Alexander Frei et le Suédois Kim Källstrom. Le premier débarque en Bretagne en janvier 2003 et reste à Rennes deux saisons et demies. Il inscrit la bagatelle de 48 buts en 99 matches de Ligue 1 et finit meilleur buteur de la saison 2004-2005 (20 buts). Acheté 2 millions d'euros, il sera revendu le double à Dortmund. Rennes découvre le second lors du mercato d'hiver 2003. Ce milieu suédois sort tout de suite du lot et plante 7 buts en 13 matches. Il reste les deux saisons suivantes et devient une pièce maîtresse du milieu rennais. Il signera à Lyon en 2006. (Photo L'Equipe)
202002-2006. Autre réussite de la cellule recrutement de Dréossi : le gardien Petr Cech. Arrivé au club en 2002, le géant tchèque révèle tout son talent en Bretagne et s'impose rapidement comme un rempart infranchissable. Acheté 2 millions d'euros, il est revendu à Chelsea six fois plus cher en 2004. (Photo L'Equipe)
202002-2006. Sur le terrain, les résultats reviennent (9e, 4e, 7e). Bergeroo ne reste que cinq mois, Vahid Halilhodzic le remplace. Mais lui aussi passe en "coup de vent", juste une saison (2003-2004) où le club finit neuvième. Il ne peut pas résister aux propositions du Paris-SG. Avec le recul Halilhodzic reconnaît son erreur «J'ai fait une erreur en quittant Rennes. Monsieur Pinault voulait me garder à tout prix. Il y avait tellement de choses à faire. J'ai craqué pour Paris, je le regrette car M.Pinault s'est opposé à mon retour en 2007 alors que Pierre Dréossi voulait me faire revenir.» (Photo L'Equipe)
202002-2006. Pour remplacer Halilhodzic, le duo Dréossi-Cueff contacte alors Elie Baup, Safet Susic mais c'est Laszlo Bölöni qui emporte le morceau. L'entraîneur roumain apporte sa rigueur et décroche avec un effectif séduisant (Frei, Källström, Maoulida, Monterrubio...) une quatrième place, assortie d'un ticket pour la Coupe de l'UEFA. Pour la première fois, Rennes se qualifie pour une Coupe d'Europe à l'issue du championnat. «Monsieur Pinault nous a laissé carte blanche à cette époque, c'était manifestment un actionnaire heureux», souligne Cueff. (Photo L'Equipe)
202006-2007. Pour faire face au départ de Bölöni, Dréossi investit le banc de touche et cumule du coup les deux fonctions: entraîneur et manageur général. Malgré l'ampleur de la tâche, il s'en sort plutôt bien. Rennes finit les exercices 2006 et 2007 à la septième puis à la quatrième place avec une qualification pour l'UEFA. Il rend néanmoins son tablier d'entraîneur en décembre 2007 après que Rennes a perdu dix places en l'espace d'un mois et demi. Ses deux leaders de l'attaque, Sylvain Wiltord et Jérôme Leroy s'étant écroulés après un début de saison haut de gamme. (Photo L'Equipe)
20Depuis 2006... Après quatre années éprouvantes, Cueff est usé et ne supporte plus l'omnipotence de François Pinault qui se mure dans un silence médiatique assourdissant, mais ne laisse au final pas beaucoup de liberté aux présidents, ce qui complique considérablement leur tâche. Blayau avait d'ailleurs son idée sur la question: «L'autorité d'un club de foot ne se délègue pas.» Frédéric Saint-Sernin, ancien conseiller de Jacques Chirac et au parcours politique brillant, remplace Cueff. La passion de Saint-Sernin tranche ainsi avec la froideur de Cueff. (Photo L'Equipe)
20Depuis 2007... Le retour de Vahid Halilhodzic, grand favori pour succéder à Dréossi, est écarté par François Pinault en personne, selon la règle suivante : «Celui qui quitte le club le quitte pour toujours.» C'est donc Guy Lacombe qui prend les commandes de l'équipe première en décembre 2007. Dréossi garde lui ses fonctions de manager général. (Photo L'Equipe)
202008. Dix ans après sa prise de contrôle, François Pinault n'a rien gagné. Le Stade Rennais est un club centenaire au palmarès frisant le ridicule (deux Coupes de France, en 1965 et 1971) et très à la peine en coupe d'Europe. Certes, le club peut se targuer d'avoir réussi sa mutation économique et structurelle, mais même s'ils ne font plus l'ascenseur avec la L2, les Rouge et Noir courent toujours après un titre. Les objectifs du départ (le titre au bout de dix ans) n'ont pas été atteints. Mais à la différence d'un Robert Louis-Dreyfus à l'Olympique de Marseille, qui souhaite se désengager, Pinault est loin d'être abattu ou démotivé. Il reste déterminé et ambitieux. (Photo L'Equipe)
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