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Steve Savidan a-t-il réusi son entrée en équipe de France?

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LA CHRONIQUE DE LAURENT BENEZECH

Bilan 2007-2008 (seconde partie)

 
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«LE XV DE FRANCE N'A RIEN RETENU»

Notre consultant, Laurent Bénézech, dresse son bilan de la saison 2007-2008. En deux volets, il s'attache particulièrement aux conséquences de la Coupe du monde. Dans la seconde partie, il évoque l'équipe de France et regrette notamment que le cadre dans lequel elle évolue l'empêche de progresser sur le long terme.
L'équipe de France, balayée deux fois par l'Australie, a du pain sur la planche. (L'Equipe)
 
L'équipe de France, balayée deux fois par l'Australie, a du pain sur la planche. (L'Equipe)

Aucune leçon tirée d'un tel échec

Perdre une Coupe du monde qui vous tend les bras, c'est une chose. Mais perdre sans être capable d'en tirer une quelconque leçon pour le futur, c'est un déni d'une des règles de base du sport de haut niveau qui se paye cash ! En effet, on apprend toujours plus de ses défaites que de ses victoires, c'est la base de la progression du sportif pour atteindre le haut niveau. Ne pas le faire, c'est se condamner à rester un compétiteur médiocre qui, jamais, ne pourra prétendre aux grandes victoires. Soyons bien clair, ce n'est pas moi qui le dit, c'est un fait reconnu par tous. Le problème, c'est que lorsque l'on applique cette certitude à l'équipe de France de rugby, on a de quoi se faire du souci pour la suite.

Je prends en exemple la progression de l'équipe de France entre 2003 et 2007. La Coupe du monde 2003 s'était déjà terminée sur un échec lors de la demi-finale ratée contre les Anglais et le match pour la troisième place pas très bien géré par l'encadrement. Fin de la compétition. Retour en France. Avant même que l'avion n'atterrisse l'entraîneur est confirmé dans son rôle et aucune vraie réunion n'est prévue pour analyser l'échec français et tirer des leçons des ratés de cette épreuve, justement pour éviter de les refaire. Résultat ? Ce n'est pas la peine que j'en rajoute. Et, pourtant, si, il faut se projeter sur la prochaine Coupe du monde en 2011 en appliquant cette mécanique. Ce n'est pas parce que l'on a remplacé un entraîneur businessman par un, issu de la filière fédérale, que les performances de l'équipe vont s'améliorer. NON ! Le problème français se situe au niveau du cadre dans lequel évolue la sélection nationale.

Une équipe de France vouée à l'échec

J'ai bien aimé Emile N'Tamack qui, avant sa nomination, déclarait qu'il accepterait d'être sélectionneur seulement s'il était libre sur le terrain. Ah, mais il est libre d'aller à sa guise sur le terrain, lui, à condition d'y aller tout seul ! Parce que, pour les joueurs, c'est plus compliqué. Non seulement il ne les a jamais vraiment, ce qui rend très compliquée la mise en application de son discours, mais, en plus, quand il les a, ils sont de toute façon trop fatigués pour être totalement performants. Et ce n'est pas la saison prochaine que les choses vont bouger. Comment l'équipe de France va-t-elle préparer le Tournoi ? Vous avez entendu parler de négociation pour un stage de préparation des joueurs sélectionnés, vous ? Moi, pas ! De toute façon, vous connaissez, vous, un seul président de club qui sera d'accord pour libérer ses joueurs en plus des week-ends où il devra jouer sans eux ? Moi, pas !

Le rugby français est à l'arrêt et c'est bien dommage. Et ça en est arrivé à un tel point que Marc Lièvremont, Emile N'Tamack et Dider Rétière en ont même perdu leur clairvoyance. Je comprends totalement que, après le premier test en Australie, ils aient voulu secouer le cocotier en lançant des joueurs jeunes qui, logiquement, ne sont pas encore grillés par les cadences infernales du calendrier. Mais ce qui est une réaction épidermique à l'ineptie d'une Tournée stupide à la fin d'une saison qui n'en avait pas besoin est, de fait, un vrai mauvais choix stratégique. En effet, le niveau international requiert, en plus d'un minimum d'expérience, une capacité physique à dominer son adversaire sur les points de rencontre. Or lorsque l'on regarde l'équipe de France telle qu'elle a été bâtie pour le second test, on se rend compte qu'elle est unidimensionnelle, le staff misant uniquement sur la vitesse pour surprendre son adversaire aux dépens du physique (exception faite du 5 de devant où il n'y avait de toute façon pas vraiment le choix).

Je ne veux pas croire que Marc Lièvremont ou Emile N'Tamack, eux qui ont joué en équipe de France, croient que, en 2008, on peut encore battre une équipe comme l'Australie seulement sur la vitesse. NON ! L'un comme l'autre savent, non seulement, qu'à un tel niveau, tous les joueurs vont très vite, mais aussi et surtout, ils savent que subir systématiquement sur les phases de rencontre oblige à jouer à reculons et entraîne la défaite. Je suis définitivement convaincu qu'ils le savent. C'est justement le problème. Quel que soit l'entraîneur de l'équipe de France, quelles que soient ses qualités, le mode de fonctionnement du rugby français ne lui permet pas aujourd'hui de s'exprimer et de faire progresser son équipe. Or, ce n'est pas le cas de tous nos adversaires.

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