LE RCT VEUT RETROUVER L'AZUR
Par Philippe VERNEAUX

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C'est un club à part. Depuis l'arrivée d'un certain Mourad Boudjellal à sa tête, le Rugby Club Toulonnais ne fait pas vraiment les choses comme tout le monde. Un peu à l'image de son collègue parisien, Max Guazzini, l'homme agit en fonction de ses envies. Il a surtout une manière d'agir qui ne correspond pas vraiment aux us et coutumes du milieu. Après le désastre de 2005-2006, qui avait vu les anciens champions de France (dernier titre en 1992) être rétrogradés à la suite d'une saison conclue par un épouvantable bilan de trois petits matches gagnés sur vingt-six, Boudjellal avait d'entrée bouleversé les schémas. En commençant à engager, à grands frais et souvent en puisant sur sa propre cassette, des stars planétaires du jeu. La Pro D2 a sans doute vu alors la plus extraordinaire armada de son histoire. En deux ans, les plus grands noms du rugby mondial se sont succédé dans le Var, avec autres Mehrtens, Oliver, Gregan, Umaga (comme entraîneur) et Matfield.
Mais une grande équipe ne se construit pas forcément sur du clinquant et le président millionnaire (Pdg des éditions Soleil) a dû patienter deux saisons pour que ses protégés reviennent dans l'élite. La déception de la saison 2006-2007 a été oubliée depuis deux mois avec une remontée acquise au bout d'un exercice où les Varois ont été sacrés sans vraiment être inquiétés par la concurrence, pourtant vive, comme celle de l'ambitieux Racing-Métro, éjecté à l'ultime minute de la finale d'accession.
Des stars à la pelle, un effectif en tour de Babel
Pour ne pas changer ses bonnes habitudes, Mourad Boudjellal, qui a tout de même annoncé qu'il ne serait plus aussi présent ni aussi médiatique, a encore fait les choses en grand. A l'intersaison, deux étoiles ont encore un peu plus illuminé le ciel de Mayol. D'abord l'ancien All Black Jerry Collins (48 capes), terrible troisième-ligne en pleine force de l'âge (27 ans). Puis, après un bras de fer juridique avec le club australien des Canterbury Bulldogs, le treiziste Sonny Bill Williams, enrôlé comme ailier.
Les arrivées, dix-huit au total, dont on peut resortir les noms de Sébastien Fauqué ou Van Niekerk, devraient compenser les départs de Gregan, Mehrtens et Matfield. Avec cet effectif en forme de Tour de Babel (15 joueurs qui ne parlent pas la langue de Molière), son impressionnant budget (14 millions d'euros) et son public bouillantissime, le RCT peut donc cette saison envisager l'avenir avec des ambitions certes relativement mesurées mais fermes. Le premier match pourrait donner le ton avec la réception de Clermont, un os plus que difficile à ronger, qui reste sur deux finales perdues de championnat et un esprit de revanche certainement aussi aiguisé qu'un couteau.



















