Raymond Domenech a-t-il raison d'affirmer qu'il a changé?
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Désormais entraîneur des arrières du Stade Français, son club de coeur, Christophe Dominici (Photo L'Equipe, entre Stéphane Glas et Sergio Parisse) s'investit déjà à 100% dans sa nouvelle fonction. Il faut dire qu'il n'avait plus l'énergie suffisante pour être joueur. «Je n'avais plus le goût de l'effort», avoue-t-il.
«Christophe Dominici, vous voilà entraîneur des arrières alors que vous hésitiez il y a deux mois à poursuivre votre carrière en tant que joueur. Qu'est-ce qui a fait pencher la balance ?
Je pense que c'est mon corps. Le niveau est devenu tellement exigeant qu'il faut s'entraîner toujours plus et je n'avais plus le goût de l'effort. Je ne voulais pas faire une saison avec des blessures.
Vous aviez déclaré que "raccrocher les crampons, c'était la mort d'un sportif". Cette reconversion, est-ce une petite mort pour vous ?
Aujourd'hui, je suis totalement dans une nouvelle configuration. La mort, je ne la vis pas encore. Je suis pleinement avec les joueurs. Je n'ai pas pris de vacances, je me lève à sept heures tous les matins comme eux. On réfléchit sans arrêt sur de nouveaux exercices et je n'ai pas eu le temps de me poser des questions.
Entraîneur, est-ce une fonction que vous avez toujours envisagée ?
Quand on est joueur, on est concentré sur sa carrière et on ne sait jamais vraiment si on fera ça. Mais compte tenu de mon gabarit, j'avais déjà une réflexion sur le jeu et sur le travail de vitesse, la vivacité.
Mais vous avez dû avoir d'autres propositions, pour être consultant par exemple.
On va dire qu'il y a eu des propositions. Mais quand on entraîne une équipe, ça demande tellement de temps, d'investissement, d'heures passées à analyser que c'est très compliqué de faire plusieurs choses à la fois. En tout cas, pour l'instant, j'essaie de me concentrer sur une seule chose.
Et si on vous avait proposé d'entraîner une autre équipe que le Stade Français ?
J'ai tout connu au Stade Français. Mon premier titre de champion de France, ma première sélection internationale. C'est une très belle histoire avec le club. On nous avait traité de mercenaires il y a dix ans. On est des mercenaires fidèles... À l'heure d'aujourd'hui, je ne me vois pas aller dans un autre club. Mais on ne sait jamais ce qu'il peut se passer dans la vie.
Qu'est-ce qui vous plaît dans le fait d'entraîner ?
Entraîner, c'est avant tout un rapport avec les hommes qui est très fort. J'ai sans cesse envie de les faire progresser, de leur transmettre mon enthousiasme, de leur donner du plaisir. Je veux donner un sens à ce qu'ils font. Il y aura sûrement des tensions, des mots que certains n'auront pas envie d'entendre. Mais il faut faire preuve d'intelligence. Les joueurs sont là aussi pour me faire progresser en tant qu'entraîneur.
Comment fonctionnez-vous avec Ewen McKenzie et Fabrice Landreau ?
On travaille à trois, mais Ewen est plus là pour encadrer et gérer un peu tout.
Que pensez-vous de ce recrutement qu'on dit plutôt modeste ?
Je dirais : c'est à la fin du bal qu'on paye les musiciens. C'est vrai qu'il y a des équipes qui ont étoffé leur effectif comme Toulouse, Clermont ou même Perpignan. Mais on n'a rien à leur envier si les joueurs prennent conscience qu'ils ont un gros potentiel. On n'est pas au Stade Français par hasard.
Quelles sont les ambitions du club cette année ?
On joue sur les deux tableaux. On vise le titre de champion de France et la Coupe d'Europe.»
Propos recueillis par Julien SCHMITZ

