Raymond Domenech a-t-il raison d'affirmer qu'il a changé?
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| Nsp | 6% |
A trois jours du test contre l'Australie, les Bleus peaufinent leur préparation à Marcoussis (photo L'Equipe) avec sérieux mais aussi dans la bonne humeur. Le point presse de jeudi a ainsi commencé sur une blague de Didier Retière et Emile N'Tamack, qui ont laissé Marc Lièvremont seul avec... des marionnettes en carton les représentant. Ils sont évidemment fini par rejoindre leur coach en le chambrant sur son rôle de chef qui leur fait tout faire, et donc ils ont invoqué la grève pour protester contre leurs conditions de travail.
Plus sérieusement, les trois hommes ont ensuite décrypté une nouvelle fois le défi qui les attend face à cette redoutable équipe d'Australie. Et ils semblent confiants, en tout cas satisfaits du boulot effectué dans la semaine. Emile N'Tamack : «On a senti les joueurs concentrés dès le retour à Marcoussis dimanche. On a basculé rapidement pour essayer de corriger le tir. La semaine a été très appliquée. On a pu revoir tous nos lancements, nos schémas, et les joueurs ont l'air prêts à en débattre. Encore deux jours et on ira s'expliquer sur le terrain.» Marc Lièvremont confirme, en mettant l'accent sur la qualité des entraînements : «C'est vrai que l'entraînement de mercredi, qui est basé sur l'animation offensive, est un peu le baromètre de la semaine. Et on observe une progression constante et intéressante au niveau de cet entraînement bien précis. Et celui d'hier nous a plu. On dit qu'on joue comme on s'entraîne, et au niveau du sérieux et de la concentration, on est satisfait. On a senti les joueurs désireux de mettre toutes les chances de leur côté. On a bien travaillé et on a peu de doutes sur la motivation et sur le combat.»
Régler les détails
Battre les Wallabies, le staff sait très bien que ce sera compliqué : «Ce troisième test doit valider une forme de progression. On aimerait pérenniser les performances. Mais pas rapport à la jeunesse de cette équipe et à la qualité de l'adversaire, ce serait un exploit », admet Lièvremont. Le jeu australien, les trois hommes le connaissent pas coeur, ils savent qu'il y a très peu de faille, et la clé du match est donc bien définie : être performant sur les détails, en partant du principe que tout le reste devra être parfait. Le coach tricolore développe : «On espère rivaliser dans tous les secteurs de jeu : défense, jeu au pied, conquête, occupation, les duels. Dans ces cas-là le match se joue sur deux-trois détails, une opportunité de faire le break, de franchir les défenses. Il faudra savoir aller au bout dans ces rares occasions. Et puis on espère qu'avec une semaine de plus de travail on arrivera à trouver les automatismes qui nous ont manqué sur les deux premiers matches pour faire la différence.» Des détails qu'il faudra aussi peut-être provoquer : «On ne gagnera pas en ne jouant que petit bras. Il faut espérer qu'on saura prendre les points.»
Le même groupe pour le Tournoi
Bref la tension monte avant le choc de cette tournée d'automne, et le XV de France sait très bien qu'il a besoin de gagner pour se rassurer définitivement, et oublier une année 2008 mitigée et se tourner vers le Tournoi des VI Nations avec quelques certitudes. Lièvremont le sait mieux que personne : «On a un besoin impératif de progression, de constance, donc de victoire. On sort d'une première saison un peu laborieuse. On a confiance en ce groupe, il est de qualité, et ce serait bien, pour conforter ce travail et ces trois semaines passées ensemble, de gagner un test important contre une nation majeure. Mais en cas d'échec il faudra assumer.» Et on sait déjà que le XV de France aura trouvé un groupe lors de cette tournée d'automne. «On croit à ce groupe mais il ne faut pas le juger sur un match. C'est ce groupe, en grande partie, qui sera là pour le Tournoi des VI nations.» Il serait donc d'autant mieux de se quitter sur une bonne note.
Aymeric MARCHAL, Ã Marcoussis

